Le folklore : des croyances à la science

Le folklore : des croyances à la science

Dans sa définition la plus simple, le mot folklore renvoie à deux aspects. Le premier désigne l’ensemble « des traditions, des usages et de l’art populaires (d’un pays, d’un groupe humain). » (Le Robert) Le caractère populaire est important, car il permet de concevoir le folklore comme un phénomène largement répandu au sein de la population. Cette définition englobe cependant un grand nombre d’éléments différents, comme le souligne Robert B. Klymasz :

« Le matériel folklorique se retrouve partout et sous toutes les formes même si les études sur le folklore favorisaient autrefois le folklore verbal ou la littérature orale, soit les chansons et contes folkloriques, les épopées, les mythes, les légendes, les drames populaires, les énigmes, les proverbes, les dictons et diverses poésies. Le folklore non verbal comprend l’architecture populaire, l’art populaire et l’artisanat, la danse, la musique, les coutumes, les rites et croyances, les traditions populaires et les divertissements. »

Cette diversité de composantes du folklore nous amène au deuxième aspect de sa définition : la science.

À partir du XVIIIe siècle, l’essor des nationalismes en Europe vient nourrir un intérêt pour l’étude des traditions. Des philosophes comme Herder vont populariser l’idée selon laquelle la relation entre les individus et leur environnement est l’un des principaux moteurs culturels chez les groupes humains. De ce constat en émerge un autre : chaque lieu où vivent les êtres humains est propice à l’émergence d’us et coutumes propres à cet environnement. Ainsi, les particularités de chaque pays, de chaque région, de chaque village, prennent un intérêt nouveau pour comprendre comment vivent les gens.

Pour les premiers folkloristes, le langage est primordial, car il est le principal vecteur de transmission des traditions. L’entreprise des frères Grimm est un excellent exemple des débuts du folklore. À l’aube du XIXe siècle, les deux hommes vont réaliser une grande collecte de contes dans les régions qui deviendront plus tard l’Allemagne. Hansel et Gretel, Cendrillon et la Belle au bois dormant figurent parmi les contes les plus célèbres des deux frères.   

Tout au long du siècle, le folklore s’érige lentement en discipline scientifique, adoptant les approches des sciences humaines. On ne parle pas encore de folklore, mais plutôt de « popular antiquities » ou de « popular literature ». C’est en 1846 que William Thoms va inventer le terme, tiré des mots anglais folk signifiant « peuple » et lore pouvant être traduit par « savoir, connaissances, science ». La disciple se développe considérablement au XIXe et au XXe siècle, permettant la création de méthodes d’enquête, de catégorisation des composantes du folklore et d’étude sur le sujet.

Source :

« Folklore », Wikipédia.

KLYMASZ, Robert B., « Folklore », L’Encyclopédie canadienne, 2006.

 

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