[Herbier magique du Québec] 3. Les herbes de la Saint-Jean

[Herbier magique du Québec] 3. Les herbes de la Saint-Jean

La Saint-Jean-Baptiste, célébré le 24 juin, est une fête du calendrier chrétien célébrant le saint du même nom. En 1908, le pape Pie X fait de Jean le Baptiste le saint patron des Canadiens français. Comme l’explique François Drouin (1991), cette décision découle de l’initiative d’un groupe de nationalistes qui, dès 1834, a associé le saint aux francophones ayant colonisé la vallée du Saint-Laurent.

Cependant, bien avant cette date, la fête de la Saint-Jean était entourée d’une aura de mystères et de superstitions. Le 24 juin est un jour suivant de près le solstice d’été, journée la plus longue de l’année. Dans plusieurs traditions, notamment européennes, cette période de l’année est associée au soleil, au renouveau et à la guérison. En conséquence, le folklore s’est imprégné de cette croyance pour en faire émerger une nouvelle. En France, puis au Québec, il était de coutume de récolter des plantes la veille ou à l’aube de la Saint-Jean. À ce moment, les vertus et les propriétés médicinales de ces plantes seraient décuplées.

Le réseau de diffusion des archives du Québec donne un aperçu des plantes récoltées à cette occasion :

Parmi les plantes que l’on cueille, on trouve surtout des herbes odorantes comme la camomille ou la sauge, mais la plus connue est l’armoise commune (Artemesia vulgaris), plante de la famille de la marguerite. L’armoise pousse le long des rivières dans des sols bien drainés. C’est souvent à cette seule plante que fait référence le nom populaire d’herbe de la Saint-Jean. Pour soigner des maladies cutanées, on se baigne dans des cuves d’eau qui contiennent des herbes en grande quantité ou on les applique en cataplasme. À une époque où l’on a peu recours au médecin, ces herbes entrent dans la composition de plusieurs remèdes de médecine populaire. Une autre croyance attribue des pouvoirs curatifs à la rosée du matin du 24 juin, à l’instar de l’eau de Pâques et de l’eau du 1er mai.

On dénombre, surtout en France, certaines vertus surnaturelles aux plantes cueillies lors de la Saint-Jean. Par exemple, l’aneth a la réputation de tenir à distance les sorciers et autres jeteurs de mauvais sorts.  

Sources :

Marcel Coquillat. (1946). « Les herbes de la Saint-Jean », Publications de la Société linnéenne de Lyon, 15 (7).

Drouin, François. (1991). « Pourquoi la Saint-Jean-Baptiste? », Cap-aux-Diamants, (26), 18–19. « La Saint-Jean-Baptiste », Réseau de diffusion des archives du Québec, en ligne.  

 

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